MelpoNews
MELPONEWS, 1er quotiden de la FEDEP
Melpothalie, Athalie et Apollinie

Hors série n°2 - Interview du Protecteur

cip : 0110-54ME-051003-2

GRANDE INTERVIEW DU PROTECTEUR

Le Protecteur Paul de Melpothalie

Le Protecteur Paul de Melpothalie est né le 21 mai 981 à Lakeulée-Zivelines, en Melpothalie. A peine sorti du lycée, il s'adonne aux activités théâtrales et littéraires. Il parvient assez rapidement à se faire un nom dans le milieu. Mais le 23 octobre 998, l'impératrice Bysille envahit la Melpothalie. Paul de Melpothalie prend la tête de la résistance et parvient par son charisme, deux ans plus tard, à mener le peuple à sa libération. Le peuple le choisit comme Protecteur. Depuis son élection, il assume sa fonction avec succès et guide son pays vers la voie du progrès et de la non-violence.

D'où tenez-vous la légitimité de votre pouvoir ?

Cela remonte à la guerre contre l'Empire byllisien. A l'époque, notre pays vivait dans l'anarchie, mais une anarchie paisible, où chacun vivait de ses propres ressources. Mais hélas, le manque d'unité a coûté cher à notre peuple : un peuple, aujourd'hui disparu, du moins à notre connaissance, dirigée par Bysille la Cruelle a envahi en quelque jours l'ensemble de notre pays. Le 23 octobre 998, notre pays était sous son contrôle.
J'étais un jeune écrivain à l'époque. Quand j'ai vu mon pays tomber sous l'esclavage, je me suis senti investi d'une mission : je devais libérer mon peuple. J'étais conscient du trésor que représentait chacun des habitants de mon pays. Nous ne sommes animés d'aucune haine... Nous n'aspirons qu'à la paix et à l'amour.
C'est pourquoi j'ai rassemblé les Melpothaliens dans la résistance. Pendant deux ans nous avons mené une lutte acharnée contre l'Empire. Tout cela en respectant les idéaux non-violents que je défendais dès le début de la lutte. D'ailleurs, plus tard, cela donnera lieu à la création de notre Armée non-violente.
Quasiment aucun soldat de l'empire n'a été tué, en tout cas, aucun volontairement. Au bout de deux ans, le peuple melpothalien a investi le Palais impérial et nous avons pu chasser directement l'impératrice.
L'Empire ayant été chassé, il nous fallait reconstruire le pays. Nous avons constitué un gouvernement provisoire. J'ai été cité pour diriger la Melpothalie. J'avais d'abord refusé, car je ne me sentais pas du tout l'étoffe d'un dirigeant. Malgré ce que j'avais fait pour la résistance. J'en ai longuement discuté avec mon ami de toujours : Kalvin Luzeroy. On a rassemblé tout un groupe pour réfléchir à un système politique nouveau, qui me donnerait certes la direction du pays, mais accompagné d'une équipe compétente.
Nous avons fondé le système protectoral, à mi chemin entre la monarchie et la démocratie, avec une très forte proximité du peuple.
J'ai été opposé à un candidat à la Présidence. Le peuple a choisi. Moi, en l'occurrence. Le peuple m'a choisi. Il me fait confiance. Il sait que je lui serai toujours fidèle. Mon statut de Protecteur implique que je suis nommé pour une durée indéterminée, et que si un jour ne veut plus de moi, alors je quitterai le pouvoir. Si tel est sa volonté.

Qu'est-ce que la FEDEP ?

La FEDEP, qui signifie Fédération des Etats Protectoraux, est une association politique, économique, militaire et sociale des nations régies par la République Protectorale. Nous coopérons dans les domaines que j'ai cités. Sur le plan politique internationale, nous parlons pour un. Au sein de la SDN, de l'ONV, de l'ESPERA… La FEDEP fait une seule et unique nation. Mais seulement sur le plan politique. En réalité, l'identité des trois pays qui la composent reste forte. Dans les trois pays, ce n'est pas le Protecteur qui dirige tout, mais les Premier ministre de chacun qui gouverne. J'insiste sur le mot " association ". C'est la clé de voûte du système. Il n'y a pas assimilation, mais association.

Toutes les nations melpothaliennes sont-elles satisfaites du pouvoir et des institutions en place ?

Nous organisons régulièrement un sondage d'opinion politique. Le peuple est tout à fait satisfait. Hormis le peuple elvonien, à qui nous avons accordé l'indépendance après le référendum de juillet. J'ai suivi la volonté du peuple. Je la suivrai toujours.
Autrement, il faut bien savoir que les institutions, d'accord, c'est une chose, mais il y a toutes les organisations locales qui font un fabuleux travail. Ils sont en quelque sorte le relais entre les Institutions nationales et le peuple. Nos institutions ne peuvent pas tout faire pour le peuple. Mais les organisations locales, elles, le peuvent. Les Melpothaliens ont un certain sens des responsabilités et savent prendre les choses en main quand on ne peut leur venir en aide...

Quelle est la marge de manoeuvre de l'opposition au sein de la FEDEP ? Peut-elle vraiment jouer son rôle, dans les règles de la démocratie ?

Nous avons un certain nombre de groupes d'opposition. Ils ont leur place au sein de notre gouvernement. Ils représentent environ 32% de nos députés. Lors de nos Assemblées, ils ont la parole libre. Contrairement à d'autres pays démocratiques, nous ne crions pas, nous ne huons pas et nous ne faisons pas la sourde oreille. Nous construisons un dialogue intelligent et constructif. Nous avons un principe dans notre Assemblée : "il y a toujours une solution à tout !". Evidemment, certains députés se laissent aller à des enfantillages et refusent de se montrer conciliants. Le chef de l'Assemblée national est là pour les rappeler à l'ordre. Il ne se passe pratiquement jamais une Assemblée sans qu'une loi ait été votée, après maints accords entre les deux partis.

Y a-t-il déjà eu des velléités de sécession dans les Protectorats ? Si oui, quelles en ont été les conséquences, et pourquoi n'ont-elles pas été rendues publiques à la communauté internationale ?

Je pense que vous en avez eu l'exemple avec le cas de l'Elvonie. A la suite du référendum, le peuple elvonien a souhaité quitter le système protectoral. Nous avons tout d'abord tenté de négocier une meilleure autonomie du gouvernement elvonien, mais celui a refusé toute négociation. Nous avons donc accordé son indépendance. Cela nous a coûté cher, très cher, mais l'économie de notre pays passe après la volonté du peuple.
Et il faut également souligner que c'est écrit, dans le traité que signent les pays mis sous protectorat, qu'ils peuvent à tout moment quitter le système. C'est prévu dans le " contrat ", si j'ose dire. C'est pourquoi les Institutions répondent rapidement à cette demande et sans effusion de sang, comme on aurait pu le craindre.

Tenez-vous compte des particularismes régionaux, et si oui, dans quelle mesure ?

Tout à fait. Notre politique est, je le répète, proche du peuple. Nous encourageons et finançons massivement les initiatives locales. Nos écoles intègrent les cours de langues régionales. Les journaux sont autorisés à écrire dans n'importe quelle langue régionale. C'est même encouragé.
Les minorités doivent aussi s'adapter à la République protectorale, mais nous les brimons pas pour autant. Chaque culture est précieuse. C'est ce qui fait la richesse de l'espèce humaine. Nous voulons toutes les préserver.

L'interdiction de la chasse n'engendre-t-elle pas une surpopulation animale, alors qu'une chasse rationalisée, comme en N.A. et en Pneuma, a montré son efficacité dans la protection de la faune ?

Nous avons un profond sens du respect de la nature, dans le sens où toute la faune et végétation que nous connaissons aujourd'hui étaient là, bien avant nous, sur ce monde. Nous avons en horreur cette image de l'homme " super-prédateur ". L'homme est un singe bien prétentieux pour vouloir contrôler la Nature… La sagesse, c'est d'accepter ses limites.
Toutefois, nous avons autorisé depuis peu l'activité de chasse, mais celle-ci reste exclusivement professionnelle et contrôlée, afin d'éviter toute dérive et de préserver l'équilibre naturel.

De nombreuses critiques circulent dans nos pays quant à l'éducation des jeunes Melpothaliens : quelle est votre opinion vis-à-vis de l'influence du mouvement non-violent à l'école ? Vos méthodes se rapprochent-elles de l'embrigadement ?

La non-violence faisant partie intégrante de la culture melpothalienne, il est normal qu'il soit le sujet de nos cours. Cela n'est en aucun cas une forme d'embrigadement. Ce serait de l'embrigadement si on donnait des cours de doctrine protectorale par exemple, voire de culte de la personnalité.
Mais, vous savez, tous les Melpothaliens ne sont pas des non-violents. Nous dispensons des cours de non-violence dans les écoles, afin de former les futures générations à cet idéal de l'humanité que nous avons, mais aussi pour qu'il gère eux même dans leur quotidien, tous les excès de violence que l'on peut rencontrer. La non-violence, c'est d'abord au quotidien qu'on la pratique. Enfin, je dirais que nous n'imposons pas la non-violence aux jeunes, mais nous tentons de leur faire comprendre pourquoi nous nous y engageons, pourquoi nous sommes persuadés que c'est l'avenir de l'humanité, bref, nous réfléchissons ensemble sur la notion de non-violence. En général, les jeunes finissent en effet " convertis " à la non-violence, mais c'est parce qu'eux même y ont longuement réfléchi.
Personne ne s'est plaint jusqu'à présent de ces cours. Je suis étonné que des critiques aient pu être formulées à ce sujet. Je pense que les personnes qui l'ont fait n'ont jamais observé sur le terrain ce qu'il en était véritablement.

La crise dite "Fabien le rouge" a beaucoup choqué les opinions publiques cyriliennes et abeuriennes, car elle a révélé des méthodes totalitaires à l'encontre du Parlement : le Protecteur peut-il nous assurer qu'il n'est pas un dictateur totalitaire et qu'il respecte des droits fondamentaux et inaliénables comme la liberté d'opinion ou la liberté de mouvement ?

Je ne tolère aucune allusion à un système autoritaire et totalitaire quand l'on parle de ma politique ! La Melpothalie n'en a que trop souffert dans son passé. La crise de Fabien le Rouge a eu lieu car la personne en question m'a accusé directement, dans un moment d'euphorie communiste, de fascisme. Cette insulte ne pouvait pas passer impunie.
Je tiens à me faire respecter. Que l'on n'aime pas mes opinions, je n'y peux rien. Mais que l'on se permette de m'insulter, je ne peux pas l'accepter ! C'est la voie ouverte à la haine, au terrorisme, à l'anarchie violente et à toutes ces horreurs qui nuisent gravement à la paix.
Je trouve absurde que dès qu'un pays fait preuve d'un peu d'autorité on l'accuse de dictature et de fascisme. C'est monter un peu trop vite sur ses grands chevaux je trouve. Ma politique applique la fermeté, car, sans cela, il n'existe aucun contrôle, et comme je l'ai déjà dit plus haut, c'est la voie ouverte à l'anarchie violente. Respect. C'est le mot-clé de notre Gouvernement. Dès que l'un d'entre nous se montre irrespectueux, nous le rappelons à l'ordre. Mais nous ne le fusillons pas non plus, comme dans certains pays. C'est ce que j'appelle le principe " d'auto-éducation permanente ". Ce n'est pas parce que nous sommes adultes que l'on doit ne plus s'éduquer. Paradoxalement, je trouve que les enfants se montrent parfois plus adultes que nous... Vous ne trouvez pas ?

Ne pensez-vous pas que votre politique internationale est de tendance hégémonique et impérialiste ? [Rappel des faits vous mettant en cause dans l'opinion abeurienne et cyrilienne :
Autoritarisme au sein de l'ONV (refus du partage du pouvoir)
Politique maritime agressive en Mer Blanche
Tentative permanente de blocage à la SDN et à l'ESPERA (menace de départ de la SDN, mauvaise volonté à la participation au Congrès Continental -> problème des votes)

Pour l'ONV, la SDN et l'ESPERA, je vous prierais de noter que les problèmes ont toujours été résolus. Je regrette que certains le prennent mal, mais j'ai une certaine conception de la politique : avant toute négociation, chacun des protagonistes doit montrer sa force. On se teste, puis on se calme et on fait des négociations. Certes, ça peut paraître une tactique agressive, mais je ne l'applique que dans le monde de la politique internationale que je compare facilement à une guerre entre meutes de loups.
Les non-violents passent pour des gens faibles dans la conception populaire et vulgaire. Je suis là pour montrer le contraire.
Je m'y adapte. Vous serez aimable de constater que la Melpothalie a toujours fait des concessions et que nous avons très rarement réussi à imposer nos conditions. C'est normal. Nous avons des acquis et des intérêts à défendre.
Ceci étant dit, je tiens à m'excuser auprès des personnes qui ont fait les frais de ma " politique ". J'en ai un peu honte, je vous l'avoue… Je promets d'être plus conciliant, dès le départ.

Pourquoi vos rapports avec l'Abyssinie sont-ils aussi électriques ?

Les relations diplomatiques entre les l'Abyssinie et la Melpothalie se portent bien et sont tout à fait saines. Nous avons eu des accrochages, dus au fait que son dirigeant et moi avons un fort caractère et qu'on est facilement enclins au quiproquo. On s'emporte très vite, ce qui effectivement peut aller au pugilat. Mais là encore, vous noterez que nous avons toujours résolu nos conflits, avec le sourire en plus !

A quel niveau de puissance internationale placez-vous la FEDEP ? (sur le plan continental et mondial)

Je la situe comme l'une des plus actives et productives nations d'Alliance. Le fait que la Melpothalie, l'Athalie et l'Apollinie se soient, ce que je dirais, " associées ", renforce notre puissance. Je reconnais que nous sommes ambitieux et que nous convoitons la haute-sphère des grandes nations d'Alliance. Nous y avons déjà pied, mais nous devons renforcer notre position. Au sein de la SDN, de l'ONV, de l'ESPERA et de bien d'autres organisations internationales.
Nous sommes un peuple passionné. C'est la passion qui nous pousse à aller toujours plus haut.

Pourquoi vous sentez-vous dans l'obligation de défendre avec virulence la Secrétaire Générale de la SDN même quand elle a tort (et qu'elle les reconnaît) ?

Qu'elle ait tort n'est pas la question. Je la défends quand les critiques qui lui sont adressées sont déplacées. Elle a un travail énorme à gérer. Je ne supporte pas qu'on critique le travail de quelqu'un.

A vous écouter, la FEDEP paraît-être le Paradis sur Alliance (symbiose, osmose, grandes qualités intellectuelles et morales hors du commun de la grande majorité des habitants) : n'en faites-vous pas un peu trop ?

Quand on dirige une équipe, on se doit d'exulter ses équipiers pour obtenir le meilleur d'eux-mêmes. S'ils sentent que nous sommes fiers de leur travail, ils sont plus motivés. On ne va pas leur dire : " Ton travail, c'est de la merde, j'aime pas ta gueule, ta famille, j'm'en fous, etc. ". Non. Bien au contraire. Je fais la même chose avec mon peuple. Il est vrai que je peux en faire trop, je le reconnais, mais je préfère adopter des discours trop optimistes, que des discours trop négatifs.
De toute façon, le peuple, lui, sait bien la réalité des choses. Mais il se montre généralement optimiste en son avenir. D'après enquête, mon discours y serait pour quelque chose. Je trouve ça encourageant.

Les colères et blocages aussi bien violents que fréquents du Protecteur ne sont-ils pas un risque pour la liberté du peuple et pour la démocratie, alors même que le Protecteur est sensé en être le garant ?

J'avoue m'être montré un peu trop agressif par les temps passés. Je m'en excuse sincèrement. Cet été m'a été très bénéfique pour tirer un bilan de mes actions passées et j'ai fait le serment solennel, devant l'Assemblée, de ne plus me comporter ainsi.

Tout est-il vraiment si rose dans la FEDEP ? N'y a-t-il eu jamais de manifestations contre le pouvoir, d'affaires criminelles graves, de catastrophes humanitaires, de tentatives de putsch, de lolitaïsme aggravé, ... ?

Il y en a eu, il y en a et il y en aura toujours... Heureusement d'ailleurs ! Sinon je serais au chômage (rires). Seulement, nous ne vous en tenons informés que quand nous estimons cela nécessaire. Je veux dire par là que vous n'êtes pas forcément concernés par nos affaires internes.
Mais je pense que le MelpoNews fait du bon travail, avec notamment l'édition mensuelle, pour vous tenir informés de tout ce qui se passe dans la FEDEP. Le rédacteur en chef m'a d'ailleurs informé qu'à l'avenir, le journal devrait donner beaucoup plus d'informations qu'auparavant. Je pense que l'édition d'octobre le prouve d'ailleurs...

Le MelpoNews est édité en Melpothalie et est distribué en plusieurs millions d'exemplaires dans tout l'Alliance | Rédacteur en chef : Gusta Siondevain | Chargé de la Rédaction : Terporre | Siège social : 35, avenue du 23 octobre. Melpothalie
© France : Paul André, 2003 | Attention : Ceci est un journal imaginaire ! Tout le contenu du présent document n'est que fiction.